Au 17ème siècle, comment paraître propre en trois leçons ?

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Au 17eme siècle, on ne se lavait pas pour être propre, le paraitre était amplement suffisant. L’eau était bannie car accusée de tous les maux. Selon les plus grands spécialistes de l’époque, elle provoquait l’ouverture des pores offrant un passage parfait pour les microbes. En s’infiltrant dans toutes les parties du corps, l’eau provoquerait même « l’imbécilité » et la « folie ». Au 17 siècle, on utilisait donc l’eau uniquement pour se laver la bouche, le visage et les mains. Le reste du corps, caché de tous, se lavait avec des linges. C’est l’ère de la toilette sèche. On porte par contre une attention particulière à la propreté de ses vêtements. La propreté relève de la convenance et non de l’hygiène.

Et que ça frotte…

Dès le XVI les ouvrages de santé préconisent d’effacer les mauvaises odeurs. Mais comme ils déconseillent aussi les bains, il faut trouver d’autres solutions. On ne lave pas le corps, mais on le frotte avec des linges parfumés. Pour les nobles, maquillage, perruques et parfums font l’illusion d’une parfaite propreté.

Pieter Jacobsz Codde Dame a sa toilette
Pieter Jacobsz Codde Dame a sa toilette

Lavons les vêtements plutôt que le corps

Alors que l’hygiène du corps, telle qu’on l’entend de nos jours, est laissée de côté, le linge de corps doit être immaculé. Les nobles n’hésitent pas à se changer plusieurs fois par jours. Il faut paraître propre. Personne (en tout cas pas tout le monde) n’allait inspecter les moindres recoins du corps. Par contre, l’état des vêtements, la présentation de soi donnait des indices sur son niveau de propreté. C’est donc le regard qu’il fallait choyer.

Soigner son odeur

Si la toilette était proscrite, il n’était pas pour autant souhaitable de sentir mauvais, au risque de paraître sale (ce qui dans tous les cas était le cas). A cette époque on frotte donc le corps vigoureusement avec des linges parfumés. Le parfum cachait ou plutôt modifiait les odeurs, mais on pensait même qu’il était capable de les assainir et de protéger le corps de possibles maladies en pénétrant par tous les pores de la peau. Et dire que si cette croyance existait encore de nos jours on pourrait peut-être se faire rembourser notre bouteille de Chanel par la sécurité sociale.

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